Décembre a commencé très fort. Le paysage semblait couvert de sucre impalpable dès le premier jour du mois. Heureusement, Saint-Nicolas, habitué à ces conditions hivernales ne s'est pas découragé et a déposé, dans mes petits souliers, une superbe mangeoire pour oiseaux. Celle-ci, plus grande et plus robuste que la première, peut accueillir des oiseaux de plus grande taille. Lorsqu'elle sera bien garnie de graines de tournesol, noisettes et cacahuètes, je suis certaine qu'elle plaira à Juliette. Dans l'autre mangeoire je mettrai des graines plus petites qui attireront des passereaux de petite taille. Il faut organiser la paix au jardin en évitant au maximum les prises de becs !
Ces conditions hivernales un peu précoces m'incitent à visiter le grenier afin de faire l'inventaire de la déco de Noël. En redescendant, au lieu de faire le sempiternel double salto avec rétablissement dans l'escalier, une bouffée d'enthousiasme me pousse à tenter le triple salto ! (Jusqu'ici, je n'en avais parlé à personne mais mon ambition est de gagner un jour le "clown d'or" : la plus grande distinction offerte à Monte Carlo pour récompenser les meilleurs artistes de cirque). Ce qu'il s'est passé ensuite, je serais bien incapable de le raconter. Chacun y va de sa version. Pour ma part, je suis à peu près certaine d'avoir été agressée sauvagement par une ou plusieurs marches de l'escalier. Raymond, qui n'était pas là au moment des faits, prétend que j'ai tout bonnement loupé mon rétablissement "ça arrive même aux meilleurs !", dit-il sans conviction. Quand le médecin urgentiste - troublé par la multitude d'ecchymoses ornant mes bras et jambes - m'a fait raconter trois fois l'accident, j'ai bien senti qu'il était persuadé de soigner une pauvre victime de violence conjugale !...
Le bilan de cette aventure aurait pu être plus grave. Je m'en suis tirée avec une belle entorse à la cheville et toutes les "joyeusetés" qui l'accompagnent (attelle, béquilles... et souhaits de bonnes fêtes !).
Pour supporter cette immobilisation, je m'étais installée confortablement dans le canapé, face au jardin d'où il m'était loisible d'observer, grâce aux jumelles, les allées et venues des oiseaux. Le baromètre s'est calé sur "pluie" une fois pour toutes et les mangeoires qui n'étaient plus approvisionnées ont été rapidement désertées. Fin du spectacle.
Le 30 décembre, j'ai troqué les béquilles contre une paire de sandales presque neuves (elles ont vraiment très peu servi l'été dernier !) et, si les premiers pas étaient laborieux, cela me permettait au moins de me libérer les mains.
1er janvier 2013. Ouf !... Oublions vite la fin de 2012 !
Je profite de l'occasion pour présenter mes meilleurs voeux à tous les fidèles visiteurs du jardin. Désolée mais je n'ai pas réussi à faire une seule photo ce mois-ci !
Ce 9 janvier, je suis toujours sans nouvelles de mon coach. Juliette n'est plus venue au jardin mais il est vrai que je n'y suis pas très présente non plus... Inutile de réserver votre place en vue de venir m'applaudir au festival du cirque de Monte Carlo, je suis au regret de vous informer que je ne pourrai pas y participer : Raymond a décidé de construire une rampe d'escalier, ce qui aura pour conséquences :
- de boucler définitivement derrière les barreaux ces vilaines marches si agressives ;
- de mettre fin à cette brillante carrière de clown cascadeur en ôtant à l'artiste toute possibilité d'entraînement. Croyez bien que je le regrette sincèrement !
On se retrouve à la fin du mois de janvier ?

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