Bienvenue dans mon jardin secret !

Bienvenue dans mon jardin secret ! C'est un réel bonheur pour moi de vous présenter mon jardin. Nous habitons la campagne et désirons faire de ce jardin un endroit paisible et agréable où les amis viennent volontiers se ressourcer. Vous connaissez déjà les arbres : le noyer trône en maître au milieu du jardin, le châtaignier semble plus timide mais je le verrais bien rivaliser avec le noyer dans quelques années, le saule tortueux est certain d'être le plus beau et se fiche des rivalités des deux premiers. Chaque printemps, je sème des fleurs et des légumes dans les parterres avec plus ou moins de bonheur car ce petit monde ne vit pas toujours en parfaite harmonie. Je comptais y remédier rapidement quand quelqu'un m'a soufflé que la vertu principale d'un jardinier était la patience ! En attendant, venez donc visiter mon petit paradis.

Séduisante (fausse) Angélique



Au début du mois, les périodes de gel succèdent aux périodes neigeuses et la nature, prudente, prend son temps. Des bulbes plantés à l'automne, il n'apparaît pas grand-chose : quelques plantules maigrichonnes telles des brins d'herbe ici et là ont réussi à sortir de terre mais peu de fleurs arrivent à éclore.



 

 
 
 
 
 
 
 
L’ail planté au début du mois de mars ne montre encore aucun signe de vie. Juliette et Léon avaient déjà fait ces premières constatations. Ils me regardent tous deux d’un air contrit, sans émettre le moindre commentaire.(J’ignorais qu’ils se connaissaient et suis agréablement surprise de constater leur bonne entente.)
Pour patienter, je fais quelques semis à l'intérieur.
artichauts

tomates "coeur de boeuf"
 

Nous voilà à la mi-avril et la pluie glaciale a fait place à un soleil timide.
Au lieu de me lamenter sur ce qui ne pousse pas et si ce beau temps relatif persiste demain, je vais mettre un peu d’ordre en réduisant en mulch les branches coupées qui attendent en tas depuis l’automne. Ce genre de travail représente un grand moment de solitude : dès que la broyeuse fonctionne, mes amis s’en vont trouver la tranquillité plus loin.

avant

après
 

Les jours suivants, le soleil se fait plus présent et arrive même à réchauffer le sol qui n’attendait que ça pour réveiller toutes les plantes d’un seul coup. En deux ou trois jours, le jardin s’est réellement métamorphosé. Le voilà qui reprend des couleurs !








 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dans le parterre où j’avais planté diverses vivaces, je découvre une zone importante occupée par une seule plante qui s’est trop bien développée, étouffant au passage ses trois voisines.


la coupable
 

Je me souviens avoir demandé au pépiniériste des plantes robustes qui ne demandent pas ou peu d’entretien. Il m’a présenté cette « fausse Angélique » au feuillage panaché. Elle pouvait être plantée à l’ombre comme en plein soleil, supportait aussi bien la sécheresse qu’un sol détrempé, le gel ne lui faisait pas peur et elle était, en outre, un excellent couvre sol, empêchant même les mauvaises herbes de s’implanter dans le parterre ! Cette belle (fausse) Angélique avait tous les atouts pour me séduire et j’ai succombé à ma paresse légendaire… Maintenant, me voilà obligée de nettoyer cette zone à fond, veillant bien à ne pas laisser en terre la moindre particule de cette maudite plante Il me revient en mémoire des bribes d’une fable de Jean de Lafontaine : Le laboureur et ses enfants.

Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins.

Creusez, fouillez, bêchez : ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse…

Pendant ce temps, un chat gris tigré essaie de traverser la cour sans attirer mon attention. Comme je m’étonne de sa présence, il me dit : « Excusez-moi. Je ne fais que passer. J’habite à côté »
Léon arrive en courant pour faire les présentations. Il s’agit de Noël, son frère jumeau. Pourquoi m’avait-il caché l’existence de son frère jumeau ? Ces deux-là se ressemblent si peu : Léon est grand et fort, noir et blanc - Il a l’air d’être toujours en smoking - alors que Noël a le pelage gris tigré et est beaucoup plus petit et plus fin. Léon, comme Juliette, s’intéresse beaucoup à l’évolution du jardin tandis que Noël y est complètement indifférent. Par contre, il m’a assuré qu’il se chargerait volontiers de débarrasser le jardin des musaraignes et des campagnols. Je n’ai pas hésité une seconde avant d'accepter son offre et je crois que je ne regretterai pas cette décision : tous les soirs, je l’aperçois, tapi dans un coin, l’œil aux aguets et prêt à bondir sur tout ce qui bouge ! Sacré Noël ! Je suis contente d’avoir fait sa connaissance.
La belle saison peut commencer. Quelque chose me dit que nous allons faire du bon boulot, tous les quatre ! Nous formons vraiment une fine équipe !
le parterre est provisoirement nettoyé

En y repensant, je suis mal placée pour me moquer de Noël. J’ai, moi aussi, un défi à relever : empêcher cette plante si coriace de recoloniser le terrain. Il ne se passe pas un seul jour sans que je sois obligée d’enlever de terre cinq ou six nouvelles pousses de cette plante tentaculaire !...

 
 

                                                                          
le merisier en fleurs


le figuier ne donne encore aucun signe de vie
 
même l'ail s'est mis à pousser !

Les muguets se multiplient mais ne fleuriront pas au 1er mai.

 

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